Stérilisation précoce

Selon le même principe, nombreux sont les propriétaires de chattes qui pensent bien faire en attendant que les premières chaleurs de la femelle soient passées pour pratiquer la stérilisation, voir même qui partent du principe qu’une chatte a « besoin » d’avoir une portée dans sa vie. Cette position au développement de la population de chats errants en France, puisqu’il n’est pas toujours facile de placer les chatons issus de ces portées.

Pour les chattes de race, cela conduit fréquemment à deux situations : soit une mésalliance avec un sympathique chat de gouttière, soit un accouplement non raisonné avec un mâle de la même race, mais sans réelle sélection.

La stérilisation précoce consiste à neutrer un chat avant qu'il n'atteigne la puberté, c'est-à-dire entre 2 mois et 6 mois, au lieu des "traditionnels" 6-7 mois.

Pour l’éleveur passionné, il est souhaitable que des sujets non destinés à la reproduction, et vendus comme animaux de compagnie, ne soient pas accouplés d'ou la réalisation d'une stérilisation précoce. Cette pratique a plus de 25 ans de recul aux États-unis. En France, les opérations, pratiquées à 3 mois, sont toujours l’objet de vives polémiques.

Les avantages de la stérilisation précoce sont les mêmes que ceux de la stérilisation tout court, de plus:

- La récupération post-opératoire du chaton est plus rapide que pour le jeune chat de 6-7 mois.

- La douleur post-opératoire et le stress sont réduits pour lui. La cicatrisation est plus rapide.

- Les risques liés à l'anesthésie ne sont ni plus ni moins élevés si la stérilisation est réalisée précocement.

- Les testicules des mâles apparaissent même être plus aisées à retirer de manière précoce.

Pour le futur propriétaire, adopter un chat déjà stérilisé est un stress en moins : plus besoin de s'en préoccuper, c'est déjà fait ! De plus, l'examen préliminaire approfondi nécessaire à l'opération lui assure d'autant plus que le chaton qu'il accueille est en parfait état de santé.

Un chat castré précocement ne développera aucun comportement propre à la  reproduction ( marquage..), n'ayant jamais eu de stimulations hormonales sexuelles, il n'en connaîtra tout simplement jamais les impératifs.

En revanche, le pénis d'un mâle neutre précocement ne présentera pas les "petits picots" des mâles entiers, et sa capacité d'extériorisation n'est pas la même 

Dans le même ordre d'idée, plus la stérilisation est pratiquée tôt (surtout avant les premières chaleurs), plus les risques de tumeurs mammaires sont réduits (d'environ 7 fois) chez les femelles. Chez la chatte, ces tumeurs sont d’ailleurs souvent de très mauvais pronostic (90% de malignité).

 L’anesthésie du chaton : un risque majeur ? Il est évident que l’anesthésie d’un chaton de 2 mois est plus délicate, et nécessite une expérience particulière. Ceci étant, pratiquée dans de bonnes conditions, elle ne présente pas plus de risques que l’anesthésie d’un adulte. L’état général du chaton est primordial : seuls des animaux en bonne santé,  pourront être opérés.

 Pour le chaton de race, comme pour celui de gouttière, c’est en tous cas un moyen infaillible d ‘éviter la naissance de portées non désirés.

Il est donc évident que peu de vétérinaires veulent pratiquer la stérilisation précoce, ce n'est pas encore dans les moeurs chez nous en France.

La croissance

Éventuellement, il faut alors s’attendre à ce que le chaton soit très légèrement plus grand en fin de croissance contrairement aux inquiétudes fréquentes.

Les calculs urinaires chez le mâle

La castration précoce du chat mâle a longtemps été accusée de favoriser l’apparition de calculs urinaires, par diminution du diamètre de l’urètre . Des mesures ont été réalisées en comparant les diamètres urétraux de chats castrés à 7 semaines et à 7 mois et n’ont montré aucune différence. La castration précoce n’est donc pas en soi un risque supplémentaire de calculs urinaires.

L’obésité

Bien que l’obésité puisse survenir chez tous les chats (castrés ou entiers) et que l’activité et la nourriture jouent un rôle prépondérant, les animaux castrés ont un risque d’obésité plus élevé, du fait d’une diminution des besoins énergétiques liés à la castration. La stérilisation précoce n’entraîne en tous cas pas de hausse de ce risque par rapport à une stérilisation plus tardive. Il convient, quel que soit l’âge de l’opération, d’adapter des mesures préventives de la prise de poids.